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Des tenues et des femmes

SNCF a signé de nouveaux contrats d’achat pour les tenues et équipements de sécurité des métiers qui en ont besoin. Ces contrats ont enfin été revus pour inclure des tenues adaptées à la morphologie féminine. Lionel Delport nous explique comment cette victoire a été obtenu et mise en place.

Publié le 19/07/2017 à 10:10

Lionel Delport est spécialiste des risques industriels et des EPI (équipements de protections individuels) chez SNCF. Dans ce cadre, il établit le cahier des charges pour les appels d’offres et choisit les équipements pour les opérateurs au travers de contrats cadres. De plus, il est très souvent en relation avec le réseau  SNCF au Féminin, car tous les besoins concernant les tenues et équipements remontent directement auprès de lui.

Comment et quand vous êtes-vous rendu compte que les tenues et équipements de sécurité n’étaient pas adaptés à la morphologie féminine ?

C’est assez récent, cela fait environ deux ans. Je m’en suis rendu compte en visitant les établissements où les femmes m’ont montré que certains EPI, comme les chaussures de sécurité, n’étaient pas adaptés à la morphologie féminine. Elles étaient obligées de prendre des tailles qui étaient beaucoup plus grandes car rien ne correspondait à leurs corps. Pour les vêtements de travail, elles étaient donc obligées de retrousser les manches car les vêtements étaient trop grands pour elles.

Les équipements sont vraiment très importants car nous avons des femmes dans tous les corps de métiers : il y a par exemple des femmes chaudronniers, d’autres sont dépanneurs ou mécaniciens. Ce sont des métiers très physiques. Une tenue type doit être à haute visibilité, orange avec des bandes réfléchissantes – ce qui posait problème car les gilets oranges ne sont disponibles qu’en taille L – et c’était dangereux car les gilets des femmes s’accrochaient partout !

A partir de ce moment-là, quelles ont été les démarches pour que cela change ?

Nous nous en sommes aperçus grâce à des femmes dirigeantes, ce sont  des cadres qui ont fait remonter le problème notamment par le biais des réunions avec SNCF au Féminin. En parallèle, lorsque je discutais avec les opératrices, elles m’exposaient les mêmes problématiques. Nous avons balayé toutes les familles des EPI et j’ai veillé à ce que des tailles minimum soient proposées pour différents éléments du vestiaire. Les chaussures par exemple commencent désormais à la taille 35 et les gants à 5, ce qui limite les risques d’accidents. Les casquettes également avec des tours de têtes plus petits, ou encore des lunettes adaptées.

Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontrées ?

Le choix des modèles. J’ai parfois dû aller jusqu’en Asie pour trouver des modèles adaptés ! Pour la première fois en 2018 nous incluons dans la collection la version femme. Il ne s’agit pas vraiment de difficultés mais plutôt de tâtonnements face aux nouvelles démarches à mettre en place.  Pour les femmes, les longueurs et les tailles sont plus ajustées, les tee-shirts sont cintrés. Il suffisait juste de l’inclure dans le cahier des charges pour les rendre effectifs.

Quel est lien entre cette démarche et SNCF au Féminin ?

Il y a beaucoup d’échanges entre mon pôle et SNCF au Féminin, la démarche apporte un vrai soulagement aux femmes – certaines d’entre elles étaient à juste titre fatiguées que leur collègues masculins fassent des paris sur la couleur de leurs sous-vêtements, car leurs équipements étaient trop grands et ne tenaient pas.

Grâce aux nouveaux modèles, ce sont des problèmes auxquels elles ne seront plus exposées. Et au-delà des tailles, les équipements sont réfléchis pour correspondre à la morphologie féminine.  De plus, les actions que nous mettons en place donnent souvent l’impulsion à d’autres entreprises qui sont confrontées aux mêmes problématiques.

A partir de quand ces équipements seront-ils effectifs ?

Ces équipements seront effectifs dès 2017/2018, disponibles à la commande à partir de décembre 2017 et livrés en mars 2018.