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Etes-vous pas – assez – ou trop autonome dans votre job?

Votre niveau d’autonomie, en tout cas ce qu’en perçoit votre manager, a une grande influence sur votre évolution de carrière : jugé insuffisamment autonome, on doutera de votre capacité à faire face à de plus amples responsabilités jugé trop autonome, on doutera de votre loyauté et on se méfiera de vous.

Publié le 01/07/2014 à 10:48

Paradoxalement, l’autonomie n’est pourtant pas ressentie au bureau comme étant quelque-chose sur lequel on nous juge. C’est plutôt perçu comme étant une caractéristique de notre poste ou de notre manager : « Dans ce poste, avec ce manager, j’ai beaucoup ou peu d’autonomie ».

Mais si on en revient à la définition du mot ‘autonomie’ : ‘faculté à agir par soi-même en se donnant ses propres règles de conduite’, c’est bien d’une faculté qu’il s’agit, donc d’un talent qui peut se mesurer.  Vous êtes jugé sur votre autonomie chaque fois que vous êtes face à quelque-chose de nouveau pour lequel aucune règle ne vous dicte le comportement à avoir.

Prenons l’exemple d’un jeune embauché qui doit assister à une première réunion avec une équipe basée à Londres. Il se demande s’il doit y aller en train, en avion, dans quelle classe, s’il doit réserver lui-même son billet, etc… Il est libre de choisir 2 options: aller demander à son chef comment il doit faire, après tout c’est bien normal, il vient d’arriver ! Ou bien se dire que son chef a autre chose à faire que de lui servir d’agence de voyage et se renseigner auprès de ses collègues sur la procédure à suivre. Selon l’option qu’il choisira, il sera jugé plus ou moins positivement sur son degré d’autonomie.

Voici 5 règles à appliquer pour adopter le meilleur comportement en matière d’autonomie :

Identifiez votre zone de liberté :

Votre zone de liberté,  c’est tout ce que vous avez le droit de faire sans en référer à votre  hiérarchie :  les documents que vous pouvez valider, les procédures que vous pouvez déclencher,  les réunions auxquelles vous pouvez assister, les choix techniques que vous pouvez décider, les types de dépenses que vous pouvez engager, les recrutements que vous pouvez initier,…

Ce tour de propriétaire est à faire chaque fois que vous prenez un nouveau poste ou que vous changez de manager car votre zone de liberté est délimitée par de nombreuses règles… et les règles  sont comme les lois: nul n’est censé les ignorer.

C’est ce qu’a découvert ce  directeur de projet sénior nouvellement nommé qui croyait faire preuve d’autonomie en répondant seul aux questions, apparemment bégnines, d’un journaliste sur l’état d’avancement de son projet. Ses propos se retrouvèrent quelques jours plus tard, sortis de leur contexte, dans un article à charge contre son client. Convoqué chez son manager, il découvrit une règle qu’il aurait mieux fait de connaître : seul le service de communication est habilité à parler à la presse.

Demandez-vous si votre zone de liberté vous convient :

Si vous êtes un commercial confirmé et que votre manager ne vous laisse jamais mener une négociation à votre façon, vous n’allez pas tarder à souffrir d’un manque de reconnaissance de vos compétences.

Inversement, si vous sortez tout juste de l’école et que votre manager vous laisse mener seul une négociation difficile avec un client, vous vous sentirez plus abandonné que flatté.

Dans les 2 cas, il y a un problème d’adéquation entre votre niveau de compétence et la taille de votre zone de liberté et cela mérite une discussion avec votre manager.
Sinon, votre zone de liberté trop petite vous démotivera ou votre  zone de liberté trop grande vous stressera et vous fera commettre des erreurs.

Ayez l’esprit orienté solution:

Une technique éprouvée pour démontrer un bon niveau d’autonomie est de faire l’effort de réfléchir aux solutions possibles avant de remonter un problème.

Par exemple, si vous avez un problème avec un sous-traitant qui accumule les retards et les défauts dans ses livraisons, avant de demander à votre chef d’intervenir, réfléchissez à tout ce qu’il vous est possible de faire pour aider à dénouer le problème : recenser la liste précise des retards et des défauts, relire les clauses de pénalité et de résiliation du contrat, appeler le service achat pour savoir si ce sous-traitant est candidat à d’autres contrats avec votre entreprise, demander au chef de projet de mesurer l’impact d’un changement de prestataire sur les délais et les coûts du projet, etc…

En articulant toutes ces informations entre elles, vous serez capable de déterminer les différentes solutions possibles et d’en détailler les avantages et inconvénients respectifs.

Non seulement vous ferez gagner du temps à votre chef, mais en plus vous lui donnerez toutes les informations terrain dont il a besoin pour pouvoir choisir la meilleure solution.

Sachez rendre des comptes :

Certains ne disent presque rien à leur chef au point de faire de la véritable rétention d’information, d’autres le mettent en copie de tous leurs courriels pour se faire valoir ou pour se couvrir.

Pratiquer le bon niveau d’autonomie, c’est pratiquer le bon niveau d’information avec son manager : ne pas lui cacher d’informations utiles et ne pas le polluer d’informations inutiles.

Le mieux est de profiter d’un entretien avec votre chef pour lui demander s’il est satisfait de la fréquence et de la quantité d’informations que vous lui remontez.

Ne cédez pas à la tentation :

Ne profitez pas de votre autonomie pour tricher avec les règles de l’entreprise. Une des tricheries les plus répandues est la prise de jour ou demi-journée de congé en douce. Le fait de ne pas travailler sur le même lieu que son chef ou les autres membres de son équipe rend le contrôle des temps de présence plus délicat. Certains en profitent pour ‘oublier’ de déclarer de nombreux jours de congé, jusqu’à ce que la finance finisse par s’émouvoir du problème et lance un audit. Que vous ayez un peu ou beaucoup triché, votre avenir dans votre entreprise risque alors de se retrouver fort compromis. Si vous estimez avoir droit à un jour de récupération parce que vous avez fait plus que vos heures, négociez avec  votre manager et prenez votre jour en toute légalité. Et s’il refuse, ne vous faites pas justice vous-même, déployez votre esprit orienté solution pour analyser toutes les possibilités qui s’offrent à vous : escalader au manager supérieur, cesser de travailler au-delà des heures normales, changer de job, ….

 

En résumé, pratiquer le bon niveau d’autonomie, c’est oser se servir de son intelligence dans sa zone de liberté tout en respectant les règles de l’entreprise.