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Forum Happy Men : faire rimer l’égalité avec la liberté

Des représentant·e·s d’une dizaine d’entreprises engagées dans la démarche étaient au rendez-vous de cet événement placé sous le signe de la liberté.

Publié le 29/05/2018 à 15:23

Au lendemain d’un mouvement mondial qui a sensiblement accéléré la libération (de la parole) des femmes, la question du rapport des hommes à leur propre liberté dans la réflexion sur l’égalité mérite en effet d’être posée. Les enjeux ont ainsi été présentés par Antoine de Gabrielli, fondateur d’Happy Men-Share More et Matthieu Chabanel, Directeur général délégué SNCF Réseau & Directeur général adjoint d’Ingénierie & Projets : comment être pleinement libres et comment accéder aux moyens concrets de sa liberté dans un environnement professionnel qui peine à se défaire de la culture présentéiste ?

Comment trouver son équilibre en tant qu’homme « sans oublier qu’il y a un déséquilibre initial » qui porte encore trop préjudice à la carrière des femmes, a souligné Matthieu Chabanel.

Premiers éléments de réponse lors d’une table ronde rassemblant Gilles Gautrin, Directeur du développement et des investissements à la DG Transilien ; Jean-Luc Vrignon, chef de projet DO Ouest Orange ; Guillaume Desloges, Senior manager Mazars ; Olivier Menuet, directeur Energie SNCF. Ces quatre « happy men » ont exploré ensemble la thématique de l’émancipation, ce cheminement qui permet de se défaire des préjugés, de déconstruire les conceptions toutes faites, de ne pas se laisser posséder par des règles sociales contraires à ses propres valeurs, de se connecter à ses intentions profondes et de donner du sens à son action.

Après cette table ronde, c’est la philosophe Olivia Gazalé, auteure du Mythe de la virilité – Un piège pour les deux sexes (Robert Laffont) qui a pris le micro pour donner à comprendre les effets délétères de la construction idéologique qui préside à ce qu’elle appelle « le système viriarcal ». En imposant la figure de l’homme modèle comme un héros, doté du pouvoir de la maîtrise de lui-même et des choses du monde, investi d’une supériorité sur l’ensemble du genre humain, la virilité commence par exclure… Une majorité d’hommes ! Tous ceux qui vivent une masculinité hors des codes de cette virilité « coercitive » selon les mots d’Olivia Gazalé, sont en effet pris au piège d’une vision de l’homme qui limite leur expression de soi en même temps qu’elle fausse leurs relations à l’autre genre.

Comment être soi ? C’est la question que la professeure de philosophie Jean Caron a ensuite abordé dans une intervention aussi tonique qu’érudite. C’est à travers la lecture éclairée d’une série de tableaux des peintres hollandais que Jean Caron a invité le public du Forum Happy Men à explorer la question de l’intériorité et de la quête du « moi » profond. Trois leçons à retenir de cette visite guidée dans les arcanes de la liberté d’être soi : se réserver des espaces d’intimité, rechercher des relations authentiques et pratiquer l’ouverture au monde de façon naturelle, sans rien avoir à cacher ni vouloir absolument se montrer.

Après la pause déjeuner, Francesca Aceto, Présidente de SNCF au Féminin et Pierre-Edouard Hétier, Directeur National de l’information client SNCF, ont évoqué le socle commun de valeurs qui unit le réseau SNCF au Féminin et les cercles Happy Men. Ceux-ci se sont en effet d’abord constitués d’hommes sensibilisés aux questions de mixité au travers leur appartenance à SNCF au Féminin. De ce fait, ils partagent une même conviction : l’égalité ne se fera pas sans les hommes ni contre eux ; elle se fera au travers de la possibilité pour chacun·e d’être réellement libre de s’assumer, d’oser, d’agir. Des valeurs inscrites dans une charte Happy Men écrite par les hommes engagés de SNCF.

Julia de Funès, docteure en philosophie, auteure de Socrate au pays des process, est venue présenter ses réflexions sur le bonheur en entreprise. Contre la tentation du « bonheurisme » qui débouche trop souvent sur des mesures factices, voire franchement hypocrites (le baby-foot, les cantines du monde à la cafèt’ ou l’ostéo en libre service), il faut à l’entreprise reconnaître que le bonheur des humain·e·s est une affaire profondément personnelle et en large partie insaisissable. S’il est impossible de « faire le bonheur » d’autrui, il est en revanche pertinent de mettre en place les conditions de la joie, cette puissante force d’engagement qui se nourrit de l’autonomie, des complicités et des solidarités, de l’humour, du droit à l’initiative…

La dernière intervention de la journée, avant diffusion du documentaire SNCF au féminin en présence de son réalisateur Stéphan Moszkowicz, a été assurée par le philosophe Pierre d’Elbée, sur la thématique du partage. Contestant l’idée commune de performance, « idéologie moderne » aux reliefs mortifères quand la compétition dérive vers l’affront, ce penseur nous invite à réinvestir la réussite de vraies valeurs collectives : l’écoute, l’empathie, le partage…