Festival de Cannes : une sélection plus féminine
Le 76e festival de Cannes qui a débuté le 16 mai n’a jamais été aussi féminin. Au total, sur 19 films en compétition, 6 longs métrages sont réalisés par des femmes. Un record dans l’histoire de ce festival ! Parmi elles, deux Françaises, les réalisatrices Catherine Breillat et Justine Triet, une jeune cinéaste sénégalaise Ramata-Toulaye Sy, la Tunisienne Kaouther Ben Hania, l’Italienne Alice Rohrwacher et l’Autrichienne Jessica Hausner.
Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), a publiée en 2021 une étude mettant en lumière les évolutions de la place des femmes dans les secteurs du cinéma et de l’audiovisuel. Il semblerait qu’une nouvelle génération de réalisatrices ait émergé ces dix dernières années. Aujourd’hui, 26 % des films français sont réalisés ou co-réalisés par des femmes. En 2010, cette part n’était que de 19,9 %. Toutefois, sur la même période étudiée par le CNC (2010-2019), les films réalisés par des femmes avaient un budget moyen de 3,14 M€, soit 2,14 M€ de moins que ceux réalisés par des hommes.
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Sports extrêmes : les jeunes femmes bousculent les codes
Elles courent des ultratrails ou traversent l’Atlantique à la voile en solitaire… En plus de l’épreuve physique, les jeunes femmes qui se lancent dans ces sports extrêmes doivent surmonter nombre de préjugés. En effet, à l’heure où la France veut organiser en 2024 des Jeux olympiques et paralympiques strictement paritaires, parvenir à s’imposer dans des milieux sportifs ultra-masculins ne va toujours pas de soi.
Anaëlle Malherbe, psychologue et préparatrice mentale à l’Insep (l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) avance une explication : « culturellement, la colère, l’agressivité, la mise en danger sont acceptées pour les hommes, quand la femme est celle qui sécurise et protège ». Être une femme et faire du sport à haut niveau demande encore de bousculer les codes.
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IVG : le Japon autorise l’accès à la pilule abortive
Depuis 1948, les Japonaises ont le droit de recourir à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) jusqu’à 22 semaines, mais uniquement par intervention chirurgicale… et avec l’accord le leur conjoint. En avril dernier, le ministère de la Santé a autorisé le recours à la pilule abortive, faisant du Japon devient le 66e pays à la légaliser.
Mais tout n’est pas rose au pays du Soleil-Levant. L’accès à ces pilules reste très contraint. Comme pour les avortements chirurgicaux, elles ne peuvent être prescrites que par des médecins accrédités et la patiente doit être hospitalisée jusqu’à ce que l’avortement soit confirmé. Enfin, les pilules ne sont pas remboursées par la sécurité sociale japonaise et le consentement du conjoint reste obligatoire.
En France, la pilule abortive, légalisée en 1988, est utilisée aujourd’hui dans 76 % des IVG. Mais depuis plusieurs semaines, le pays est confronté à une pénurie de Misoprostol, la molécule utilisée pour les avortements médicamenteux au risque d’une limitation de l’accès à l’avortement. Aux États-Unis, la Cour suprême a annoncé mi-avril le maintien de l’autorisation de la pilule abortive, alors que le juge fédéral du Texas avait décidé de suspendre la mise sur le marché de la Mifépristone, en raison d’effets secondaires supposément néfastes pour la santé des femmes.
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