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Petit guide antisexiste à l’usage des hommes au travail

Les femmes pourront lire tous les livres de conseils pour les aider à mener leur carrière d’une main de maître en osant entreprendre et avoir confiance en elles, si les…

Publié le 11/06/2015 à 14:08

Les femmes pourront lire tous les livres de conseils pour les aider à mener leur carrière d’une main de maître en osant entreprendre et avoir confiance en elles, si les hommes ne mettent pas la main à la pâte pour les soutenir, la théorie ne risque pas de se traduire en pratique.

Pour instaurer un peu de parité en matière de conseils, voici pour vous messieurs un petit guide de bonnes conduites professionnelles.

« Vous êtes très jolie aujourd’hui » n’est PAS un compliment
Recevoir des compliments sur son physique/sa tenue/son sourire quand on est au travail, surtout en contexte répété, ça fait rarement plaisir. Même si ça part d’une bonne intention. Même si elles ont effectivement fait un effort vestimentaire ce jour-là en prévision d’une réunion clients.
Même chose pour les remarques de sexisme bienveillant (ou non) qui égrènent parfois les conversations pros : « Dis-donc, elle a de la ressource la petite ! », « Tiens ma cocotte, voilà le dossier que tu as demandé » ou encore le charmant « Elle est de mauvaise humeur, elle doit avoir ses règles ».

Symptomatiques du sexisme ordinaire qui règne encore trop souvent en milieu professionnel, ces « compliments » déguisés et autres sobriquets qu’on croit inoffensifs ne joue pas en la faveur des femmes. Selon une étude de l’institut de sondage LH2 pour le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (CSEP), 93% des sondées estiment que ces manifestations sexistes « peuvent modifier le comportement des salariés ». Elles sont aussi 92% à considérer qu’elles « ont un impact sur la confiance en soi » et qu’elles « déstabilisent le travail de ceux qui les subissent ».

Quand une femme parle, ne lui coupez pas la parole
Avez-vous remarqué qu’en réunion, les femmes sont beaucoup moins enclines que leurs homologues masculins à prendre la parole ? Pour la CEO de Facebook Sheryl Sandberg et le chercheur de l’université de Pennsylvanie Adam Grant, ce n’est pas étonnant. Dans unetribune parue le 12 janvier dernier dans The New York Times, ils dénoncent la façon insidieuse dont on décourage les femmes de prendre la parole en public. Ils ont même donné un nom à ce phénomène : le manterrupting. « Nous avons tous deux vu ce phénomène se perpétuer, encore et encore. Quand une femme prend la parole dans le milieu professionnel, elle est sur la corde raide. Soit on l’écoute à peine, soit on la juge trop agressive. Quand un homme dit la même chose, tout le monde hoche la tête pour saluer sa brillante idée. Les femmes en concluent que mieux vaut en dire le moins possible. »

Or, rappellent-ils,« empêcher les femmes de s’exprimer ou bien ne pas les écouter est forcément néfaste pour l’entreprise », cette dernière se privant de points de vue ou d’idées supplémentaires.

Ce n’est pas parce qu’elle s’excuse tout le temps qu’elle est en tort
Selon une étude parue dans la revue Psychological Science en novembre 2010, les femmes auraient tendance à s’excuser bien plus souvent que les hommes. Pourtant, cela ne veut pas dire qu’elles sont moins compétentes ou moins douées qu’eux. Elles ont simplement plus facilement l’impression d’avoir été dans l’erreur ou d’avoir vexé leur interlocuteur-trice.

Pourtant, cette tendance qu’ont les femmes à s’excuser à tout bout de champ, même quand elles n’y sont pour rien, n’est pas une charmante manie : c’est surtout un puissant frein à leur carrière car cela démontre à quel point elles sont peu sûres d’elles et de leur travail.

Les enfants ne doivent pas être un frein à sa carrière
C’est malheureusement une réalité : alors que l’arrivée d’un enfant impacte rarement la carrière professionnel des hommes, les femmes, au contraire, sont jugées plus susceptibles de se laisser submerger par leurs préoccupations familiales. Ce qui se ressent nécessairement sur leur avancement professionnel : bloquées par le fameux « plafond de verre », elles voient leur position dans l’entreprise et leur rémunération stagner.

D’ailleurs, une étude de l’INSEE publiée en 2015 est là pour nous le rappeler : à temps de travail équivalent, les femmes continuent en moyenne de percevoir un salaire de 19% inférieur à celui des hommes.

N’attendez pas qu’elle demande une augmentation pour lui en proposer une
Dernier conseil : si une femme de votre équipe mérite une promotion ou une augmentation de salaire, n’hésitez pas à lui en faire la proposition. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’à compétences égales, les hommes sont quatre fois plus nombreux à négocier leur salaire que les jeunes femmes. Victimes du complexe de « la bonne élève », il semble que les femmes n’osent pas réclamer par peur de déplaire, elles à qui on a souvent appris qu’il fallait être « sage » et peu contrariante. « Les femmes s’immergent dans leurs tâches, pensant qu’il suffit d’avoir de bons résultats, comme à l’école, pour être récompensées », explique Annie Battle, l’auteure de Les femmes valent-elles moins cher que les hommes ?