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Quand Happpy Men rencontre SNCF au Féminin

Pierre-Édouard Hétier est Dirigeant National Information Clients (SNCF Mobilités). Valérie Toureng est DRH de la Direction Fret Autochem. Tous les deux ont un point commun : il/elle sont engagé·e·s au cœur de…

Publié le 30/04/2017 à 14:23

Pierre-Édouard Hétier est Dirigeant National Information Clients (SNCF Mobilités). Valérie Toureng est DRH de la Direction Fret Autochem. Tous les deux ont un point commun : il/elle sont engagé·e·s au cœur de réseaux œuvrant pour la mixité, Happy Men d’un côté, SNCF au Féminin de l’autre. À l’occasion du forum Happy Men ce 31 mai 2018 sur le campus Wilson de SNCF, il/elle se sont prêté·e pour nous au jeu du portraits croisé.

Vous êtes tous les deux engagé·e·s, auprès de SNCF au Féminin ou auprès de Happy Men. Pourquoi ?
Pierre-Édouard Hétier (PEH) : L’évolution des mentalités dans l’entreprise ne peut se faire qu’avec les femmes et les hommes qui la composent. Happy Men permet d’échanger dans un cadre libre avec le recul nécessaire pour faire changer les choses. C’est pour moi une aide, un parcours, un chemin qui m’aide à ouvrir un peu plus les yeux tous les jours. Je crois que cette évolution est nécessaire pour l’avenir de l’entreprise.
Valérie Toureng (VT) : Je suis Ambassadrice SNCF au Féminin depuis maintenant 3 ans. Le fait de permettre aux femmes et aux hommes sensibles au sujet de la mixité de se retrouver pour mieux se connaître, de progresser ensemble dans leur pratique individuelle et collective grâce à nos ateliers et de porter un regard différent sont pour moi indispensables.

Valérie, comment présenteriez-vous Happy Men ?
VT : Happy Men, c’est génial. SNCF au Féminin Rhône-Alpes a eu un énorme coup de cœur pour cette démarche car elle permet de prendre conscience qu’il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes, nous avons les mêmes attentes vis-à-vis de notre travail et de notre équilibre pro/perso. Le fait de permettre à des hommes de se retrouver entre eux pour sortir des stéréotypes et se questionner leur offre l’opportunité de faire bouger les choses à travers des engagements simples pour faciliter la performance « mixte » de l’entreprise. Nous avons accompagné la création du premier groupe Happy Men chez SNCF et nous voyons avec bonheur les HappyMen prendre plaisir à se retrouver et à s’engager au service de la mixité. Ce n’est qu’ensemble que nous ferons bouger les choses.

Pierre-Édouard, comment présenteriez-vous SNCF au Féminin ?
PEH : SNCF au Féminin est une initiative heureuse. Ce mouvement déjà ancien (6 bougies !) est en train de vivre une mutation 2.0 pour l’égalité au sein du Groupe. On est en train de découvrir que le sujet collectif de la mixité est d’abord un sujet de performance de l’entreprise. Sujet qui ne peut véritablement avancer qu’avec la totalité des collaborateurs et collaboratrices de l’entreprise, donc avec les plus de 70% d’hommes qui la composent.

Quelles sont les forces de ces réseaux ?
PEH : Ils sont libres, indépendants, issues d’initiatives individuelles. Ils proposent de vivre une certaine expérience, celles des pionniers.
VT : Ils offrent des espaces de liberté pour « oser » des postures différentes, des prises d’initiatives originales au service des hommes et des femmes de l’entreprise pour améliorer leur équilibre.

Sont-ils différents ? Identiques ? Complémentaires ? Pourquoi ?
PEH : Ils sont évidemment complémentaires, car « De ta différence, tu m’enrichis » disait le Petit Prince. C’est cette façon de voir les choses de façon différente qui enrichit la réflexion, permet le décalage nécessaire à la compréhension de l’autre et autorise à découvrir de nouvelles aires et de nouvelles façons de penser les sujets.

Quelle est votre vision de la mixité ?
PEH : La mixité est l’avenir et enrichira nos parcours. Nous sommes empreints de préjugés qui nous enferment et nous conditionnent. Plus largement, s’ouvrir à la mixité dans le milieu professionnel vise à ouvrir les yeux vers un champ des possibles différent. C’est une façon de s’autoriser à vivre différemment et à faire progresser la société et notre entreprise.
VT : Au-delà du nombre de femmes présentes dans l’entreprise, l’enjeu de mixité est un enjeu de performance qui permet une pluralité de talents sur tous les métiers. Avoir une femme conductrice de train, c’est permettre de questionner le métier autrement, et potentiellement de l’améliorer.

Si vous deviez échanger vos places dans vos réseaux, que vous conseilleriez-vous mutuellement ?
PEH : J’ai déjà eu l’occasion d’intervenir chez SNCF au Féminin et je pense qu’il faut rester soi-même, porter ses convictions, ne pas baisser les bras, échanger, expliquer et partager sa vision pour faire entendre une autre façon de voir les choses.
VT : Je rencontre régulièrement certains HappyMen de la région, je travaille même avec l’un d’entre eux ! En fait l’important c’est l’écoute, la capacité à accepter les idées des autres qui font toujours grandir et avancer. Ce que je trouve intéressant chez Happy Men c’est que leurs échanges sont très orientés pratiques quotidiennes. Chez SNCF au Féminin, nous visons souvent de grandes choses et je souhaite fortement m’inspirer de ces temps pour les mettre en place au sein du réseau Rhône-Alpes, c’est aussi avec des petits pas que l’on fait avancer la mixité.

Comment faire bouger les lignes ?
VT : Comme dirait le vieil adage, « Sans cesse remettez l’ouvrage sur le métier » : nous devons poursuivre au quotidien notre accompagnement des femmes de l’entreprise pour qu’elles osent prendre plus de place dans la vie de cette dernière, qu’elles croient en elles pour postuler sur des postes de managers. Nous devons aussi poursuivre notre dialogue avec les hommes de l’entreprise pour les aider à prendre conscience que la pluralité des talents est une richesse quand elle est bien gérée. Il est important de mettre justement en avant des femmes emblématiques de l’entreprise qui ont su concilier vie pro/vie perso, mais mettons aussi en avant des hommes qui font les mêmes choix. Il faut aussi que nous fassions un maximum de publicité en externe sur nos métiers, et ce dès le lycée afin de donner envie aux jeunes femmes de venir travailler chez nous. Les métiers n’ont pas de genre. Cela passe aussi par une exemplarité managériale des femmes sur le sujet de la mixité : assumons ce que nous sommes et ne véhiculons pas nous-mêmes des barrières liées au genre.
PEH : En parler. La première vertu est de dire les choses, de donner des exemples, ils sont souvent parlants. Vous en voulez un ? Quand vous êtes père et que vous allez à la crèche récupérer votre enfant, on vous dit : « Vous direz à la Maman qu’il a bien mangé ! ». Étonnant, non ?

Et demain, comment imaginez-vous vos réseaux ?
PEH : J’espère des réseaux ouverts et à l’écoute qui sauront toujours partager la juste parole, celle qui touche et fait changer les mentalités. Happy Men est petit mais certains commencent à comprendre la nécessité de pousser les frontières des préjugés et de changer les choses. Un tel réseau, c’est l’occasion simple de parler de ces sujets et de voir comment MOI, là où je suis, là où je bosse, dans mon équipe, je peux faire bouger les lignes.
VT : Le réseau SNCF au Féminin Rhône-Alpes est aujourd’hui très dynamique grâce à un noyau dur de membres très engagé·e·s, je souhaite que nous soyons toujours plus nombreuses et nombreux à nous impliquer dans l’animation de notre réseau.