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Vu d’ailleurs : Les femmes en première ligne de la révolte soudanaise

Le Soudan est dans la tourmente. Après 26 ans à la tête du pays, le président Omar el-Béchir a été destitué par l’armée ce jeudi 11 avril 2019, faisant suite à une vague de contestation populaire qui n’est pas sans rappeler certains épisodes des printemps arabes.

Publié le 19/04/2019 à 14:58

Un Conseil militaire de transition a été mis en place, au grand dam de la société civile qui souhaiterait un gouvernement civil. Une promesse faite par l’armée… mais sans échéance datée, le Soudan est plongé dans un climat de méfiance. Ce qui semble étonner le plus les médias internationaux dans cette crise politique, c’est le rôle visiblement prépondérant joué par les Soudanaises au sein de la contestation populaire.

Une photo devenue largement virale sur les réseaux sociaux a notamment fait le tour du monde : elle fait figurer Alaa Salah, une jeune étudiante tout de blanc vêtue, juchée sur une voiture face à un parterre de smartphones tendus vers elle.

Elle, le bras tendu, porte la voix et le regard au loin. Surnommée Kandaka, titre des reines nubiennes antiques, Alaa Salah est devenue l’icône de la contestation soudanaise. Serait-elle aussi l’arbre qui incarne toute la forêt ?

Pour cette dernière, les Soudanaises s’inscrivent en effet dans une tradition de mobilisation politique très active dans leur pays. Un avis partagé par Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Soudan, cité dans le média 20 minutes : « On a en Europe une vision simpliste de ces sociétés où on s’imagine les femmes forcément reléguées au second plan, alors qu’elles ont toujours joué et assumé les premiers rôles.

Dans les tribus, c’était elles qui s’assuraient de l’éducation des hommes et leur apprenait l’art de la guerre ». Sans oublier de rappeler qu’elles ont néanmoins compté parmi les premières victimes du régime : « Toutes les dictatures cherchent à réduire le rôle des femmes et à les « remettre à la maison » », explique le chercheur.