Accompagner son conjoint face au cancer : le témoignage d’une collaboratrice aidante

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Au printemps 2025, le mari d’une collaboratrice du Groupe apprend qu’il est atteint d’un cancer de la prostate. Elle nous raconte comment elle l’a accompagné pendant cette année, tout en continuant à travailler. 

Tout part d’une prise de sang qu’elle l’a un peu poussé à faire. Son mari avait des antécédents familiaux de cancer de la prostate, et même si un premier bilan quelques mois plus tôt était normal, elle avait comme un pressentiment. Les résultats reviennent mauvais fin mars 2025. Suivent la biopsie, l’IRM, plusieurs examens, et début juillet, le diagnostic est confirmé. Son mari a alors 53 ans. 

« Quand ça vous tombe dessus, tout s’écroule un peu. On a peur de perdre la personne qu’on aime. Et puis le mot cancer, il faut le dire, ça fait peur. » 

Ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait dans ce rôle. Une quinzaine d’années plus tôt, alors qu’elle était contrôleuse, elle avait accompagné son père, décédé d’un cancer de l’estomac à 64 ans. Déjà à l’époque, c’est elle qui s’occupait de beaucoup de choses : faire venir une aide à domicile, appeler l’hôpital, prendre certaines décisions, puis gérer les papiers après son décès. 

Cette fois, son mari a abordé la maladie avec beaucoup de calme. « Il m’a dit : je suis malade, je vais me faire soigner, je vais me faire opérer et ça va bien se passer. Le voir comme ça, ça m’a aidée à tenir aussi. » 

Les semaines les plus dures 

L’opération a lieu en octobre 2025 et dure quatre heures et demie. Ce jour-là, elle le dépose à la clinique à 6 heures du matin, et en profite pour télétravailler pour être disponible si besoin. Elle termine à 13 heures et reste dans les environs jusqu’à son réveil. 

La semaine qui suit, il garde une sonde et reste très faible. Elle l’aide à s’habiller, lui apporte ses repas, accueille l’infirmière qui passe chaque jour. Elle pose deux jours de congé pour soins au conjoint et télétravaille le reste du temps. 

Quinze jours après l’opération, un hématome de la paroi abdominale l’oblige à retourner en urgence à la clinique. Il sera réhospitalisé trois fois. « C’était très douloureux pour lui. Et voir quelqu’un qu’on aime souffrir sans pouvoir faire plus que ce que disent les médecins, c’est vraiment ça le plus difficile. » 

Son manager, prévenu dès le début de la situation, lui propose de rester en télétravail autant qu’il le faut. Ses collègues prennent régulièrement des nouvelles. Mais elle n’est pas en arrêt et ne s’autorise pas à décrocher. « Je n’étais pas à 100 % au travail, et pas à 100 % pour lui non plus. Avec du recul, ce que j’aurais voulu, c’est être complètement disponible pour mon mari. » 

Le congé pour soins au conjoint, elle l’a trouvé seule, en cherchant dans ses référentiels RH. Avec le temps, elle regrette de ne pas avoir pris tous les jours auxquels elle avait droit. Cela dit, elle ne savait pas que le congé aidant existait et était une option pour elle.  

Garder sa place 

Il y a une chose sur laquelle elle a été claire dès le départ : elle ne voulait pas jouer le rôle de l’infirmière. Pour certains soins plus intimes, comme la toilette des premiers jours, son mari et elle étaient d’accord pour laisser faire les professionnels. « Ce n’était pas par manque d’amour, au contraire. C’était pour respecter notre couple. J’avais déjà dit la même chose à ma mère quand mon père était malade : « tu n’es pas son infirmière. » Elle ajoute par ailleurs qu’aider à la prise des médicaments et à l’habillage était une chose, mais que pour le reste, elle préférait s’en remettre à l’expertise de ceux dont c’est le métier.  

Et maintenant ? 

Un an plus tard, ça va. Elle se décrit comme anxieuse de nature et un peu « mère poule », toujours inquiète pour son mari et ses enfants. Elle reconnaît aussi que cette période lui a pris énormément d’énergie. 

Et si un collègue devenait aidant demain, que lui conseillerait-elle ? D’en parler, si possible. « Quand mon père était malade, j’en parlais beaucoup avec mes collègues. J’ai pleuré plus d’une fois, mais ça me faisait du bien. » Se confier à quelqu’un avec qui on a des atomes crochus, et ne pas hésiter à se renseigner sur ce à quoi on a droit : un congé, un soutien psychologique, ou même quelques jours de repos. 

  • Malade ou aidant, la Ligue contre le cancer vous met en lien avec un psychologue : 0 800 940 939 (gratuit) 
    L’Action Sociale SNCF vous accompagne aussi : 0 800 20 66 20 ou action.sociale@sncf.fr 
  • L’Action Sociale SNCF propose des séjours de répit en bord de mer à Saint-Jacut-de-la-Mer, avec un tarif adapté à vos ressources. Renseignements : 02 96 82 53 00